
Bangkok, 2006, 1984, 1986.
Un homme sans visage, qui ne s’extrait de chez lui qu’une fois par année, dissimulé derrière un masque de bois.
Un sang impur qui subit en silence les coups et la haine, exutoire de l’absence.
Une rescapée qui essaie de refouler les plaies de son corps et de son esprit derrière sa nouvelle identité de prostituée.
Et un tatoué, un bourreau, un tigre que l’on semble suivre de dos, comme une traque à travers les époques, où le fauve apparaît sur chaque tableau. Il se tapit dans l’histoire de chaque personnage, et on tourne les pages, avide de le voir surgir au grand jour dévoiler le fil qui les unit, l’ombre sur leur vie, révéler la source de leurs souffrances.
Une histoire où l’on s’immerge dès les premières pages dans l’atmosphère humide de la ville, suivant chaque personnage avec la même soif de les découvrir davantage, avide de les retrouver à la fin de chaque chapitre. Et plus on découvre leur histoire, plus ils se font mystérieux, et plus on veut en apprendre sur eux, et comment leurs histoires sont liées.
Découvrir le Tigre qui nous échappe et les effraient, le pilier du récit qui nous garde en haleine jusqu’à la fin.
Le style a juste ce qu’il faut de poétique pour nous imprégner de l’atmosphère mystique de Bangkok et nous plonger le temps de quelques 350 pages dans le plaisir d’une lecture entrainante. Et en tournant la dernière page, le titre, Les Âmes fardées, fait sens et s'éclaire, et on prend plaisir à réfléchir à ce qu'on vient de vivre...
Il s'agit du deuxième roman d'Aurore Guitry, parut en 2009.
Les Âmes fardées d'Aurore Guitry aux éditions Calmann-Lévy.

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